Passeports biométriques : La filière photo se sent surexposée
Les professionnels de la photographie (dont la société Photomaton) s’insurgent contre les photos d’identités gratuites délivrées par les machines en passe d’être installées dans les mairies pour réaliser les futurs passeports biométriques. Ils saisissent le conseil d’Etat.
Dommage : pour une fois qu’une mesure, pour leur pouvoir d’achat, allait être lisible par tous les français, sans qu’il soit besoin d’une coûteuse campagne de publicité pour la leur expliquer, elle est menacée illico. En l’occurrence, il était prévu que les machines qui vont permettre de saisir les identifiants biométriques (empreintes digitales) pour la réalisation des passeports du même métal, soient également dotées d’un système de prise de vue pour le visage. Laquelle serait gratuite lors de l’établissement d’un passeport. Les premières de ces machines (5000 environ), viennent d’être commandées par l’ANTS au consortium Atos/Sagem.
Mais les Photomaton et consorts ne l’entendent pas de cette oreille. Les professionnels de la photographie, représentés notamment par deux confédérations (API et CFP), attaquent une initiative qui leur paraît déloyale. Ils ont déposé une demande de référé en suspension et un recours devant le Conseil d’État pour bloquer l’installation des machines et réclamer un nouvel appel d’offres pour des équipements sans prises de vue. Le manque à gagner serait, pour eux, de 4 à 6 euros pour chaque plaquette de 4 photos d’identité. Et de 75% du chiffre d’affaires du seul Photomaton.
Les arguments des plaignants portent essentiellement sur le fait que l’Etat se substitue à un acteur privé pour réaliser un service, ce qui ne serait possible que lorsque celui-ci se révèle défaillant. On verra bien si le Conseil d’Etat suit le même raisonnement. Il y a en tous cas urgence pour qu’il rende son verdict. Si l’appel d’offres devait être relancé, le calendrier de la mise à disposition des passeports biométriques en France, déjà bien en retard, serait à nouveau perturbé. Et le Ministère de l’Intérieur, qui a prévu d’utiliser le même type de machines pour réaliser les futures cartes d’identité, devrait revoir sa copie.