Les passeports biométriques déployés par Atos/Sagem

Le consortium a remporté l’appel d’offres de l’ANTS pour la collecte des données nécessaire au futur passeport biométrique. Prochaine étape, le démarrage des expérimentations dans une dizaine de villes et préfectures, avant le déploiement d’une première vague, en juin 2009, dans 2000 mairies et 350 préfectures.

Pour numériser les informations (en particulier les photos et les empreintes digitales) mais aussi gérer, à partir d’un point central, l’ensemble des données nécessaires à la confection du fameux passeport biométrique que le monde entier, à défaut de nous l’envier, va bientôt nous réclamer, il fallait un système informatique de plus. Voilà pourquoi l’ANTS (Agence Nationale des Titres Sécurisés) vient de passer un marché public avec la SSII Atos (particulièrement présente dans le monde bancaire) et l’industriel Sagem Sécurité (filiale de Safran) pour le déploiement de cette solution de collecte de données. Selon le Figaro, cette victoire a été acquise au détriment de deux autres consortiums (Thales/Accenture et CapGemini/Sopra/Gemalto). On notera au passage que le vainqueur est le seul constitué de deux entreprises françaises, Gemalto (ex-Gemplus et Axalto) étant passée sous pavillon néerlandais et surtout celui des fonds de pension américains.

Le projet avance donc. Rappelons ici que l’objectif est de pouvoir délivrer, d’ici le 28 juin 2009, des passeports dits biométriques c’est-à-dire comportant au moins deux identifiants numériques, à l’ensemble des ressortissants français lors du renouvellement de cette pièce d’identité. Cet objectif s’inscrit dans un vaste mouvement d’homogénéisation des pratiques entre pays, qui s’est accélérée depuis les évènements de septembre 2001. Les Etats-Unis exigent d’ailleurs déjà des éléments biométriques d’identification sur les passeports des voyageurs se rendant sur leur territoire, faute de quoi il leur est demandé un visa, ce qui est le cas actuellement pour les français.

Le décret est déjà publié!

L’attribution de ce marché marque une étape nécessaire mais certainement pas la dernière d’un long processus dont voici les grandes lignes
- 2004 : L’union Européenne décide que l’ensemble des pays de la Communauté devra délivrer des passeports biométriques à ses ressortissants
- Janvier 2008 : désignation de sites pilotes à savoir cinq départements (Oise, Aube, Nord, Loire-Atlantique, Gironde) et une dizaine de villes dont Tourcoing et Nantes
- Avril 2008 : Publication du décret
- Juin 2008 : Choix du prestataire pour le déploiement de 5000 machines qui viendront d’abord équiper les sites pilotes, puis les 2.000 mairies et 350 préfectures et sous-préfectures prévues pour la première vague, d’ici Juin 2009
- Eté 2009 ? Extension du contrat ? Car normalement, c’est le 28 juin 2009 que tous les passeports délivrés en France doivent être biométriques

Il serait intéressant de savoir quel sera, finalement, le coût de production de ces passeports, et les gains (ou les pertes) que l’éventuelle ré ingénierie des processus à cette occasion, aura occasionné. Il est prévu de rémunérer (à hauteur de 3200 euros par an et par station), les villes qui testeront le processus et devront mettre à la disposition du public des agents d’accompagnement. Mais après ? On n’ose imaginer que cet aspect de la conduite du projet a été oublié par ses responsables ?

article du 4 juillet 2008, par François Jeanne