La relance sur internet attendra 2009… et les lobbyistes retombent par terre

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Pas un mot ou presque, dans le plan de relance présenté par le Président de la République, ne concerne internet et les nouvelles technologiques. Du coup, les Asic et autres Renaissance Numérique se sentent flouées. On leur aurait menti au sujet de France Numérique 2012 ?

Nous l’avions noté avec humour lorsqu’Eric Besson avait présenté son plan France Numérique 2012 à la mi-octobre. Nicolas Sarkozy faisait partie des grands absents, alors même que durant des semaines, la communication gouvernementale nous avait promis qu’en échange du retard de publication de ce fameux plan, prévue initialement à la fin juillet, le président s’exprimerait en personne sur un sujet hautement stratégique. Las, la crise financière – et peut-être aussi le piratage de ses comptes bancaires révélée la veille dans la presse – l’avait fait alors changer de priorité.

C’était un signe, encore fallait-il vouloir le lire et se montrer critique. Ce qui n’est à priori pas dans les gènes des associations Asic ou Renaissance Numérique, lesquelles rassemblent de nombreux acteurs économiques du Web. Pas vraiment des gauchistes! Il leur aura donc fallu deux mois supplémentaires pour qu’à la lecture du plan de relance présenté la semaine passée à Douai, ils constatent qu’on leur avait menti en prétendant, en haut lieu, miser beaucoup sur internet et les nouvelles technologies pour relancer l’économie française.

Un peu plus de 17 ans de retard sur les USA

L’Asic par exemple a découvert que « haut débit », « internet », « économie numérique » faisaient partie des grands absents du discours. Elle en rajoute même une louche en établissant un parallèle audacieux avec le plan rédigé par Barack Obama où des « investissements publics massifs dans les autoroutes de l’information et un accès universel au haut débit » sont programmés. Peut-être, mais Obama a un avantage : il vit aux Etats-Unis, un pays où un certain Al Gore, dès 1992, voulait inscrire son pays « au centre du village planétaire qu’internet était en train de dessiner ». En France, et l’Asic le remarque de façon quasi masochiste, 17 ans après, nos députés et sénateurs pensent surtout à taxer l’internet pour financer la télévision.

Pour Renaissance Numérique aussi, les réveils sont douloureux. A noter d’ailleurs que parmi sa centaine de membres, on trouve une conseillère d’Eric Besson (Anne-Sophie Bordry), dont l’histoire ne dit pas si elle a été associée à l’écriture d’un communiqué où l’association s’interroge gravement : « le Plan France numérique 2012, présenté en octobre dernier, affichait clairement cette priorité : pourquoi alors ne pas la mettre en cohérence avec les grands objectifs du plan de relance ? La priorité d’octobre n’en serait-elle plus une en décembre ? (…) De la part d’un gouvernement qui pour la première fois compte un secrétaire d’État en charge notamment du numérique, Renaissance numérique ne veut voir dans cette absence qu’un oubli malheureux ».

De toutes les façons, la trêve des confiseurs est bientôt là. Il ne se passera donc rien avant 2009. A condition qu’il se passe quelque chose ! La Fiecc (Fédération des Industries Electriques, Electroniques et de Communication) a sa petite idée, qui prône une véritable montée en puissance (normal, avec tous ces électriciens adhérents) du gouvernement sur le sujet : on lui suggère donc de remplacer son secrétaire d’État à l’Économie numérique, par « un nouveau ministère regroupant, autour de l’industrie, les technologies et l’innovation ». Outre que ce n’est pas bien gentil pour les efforts déployés depuis 9 mois par Eric Besson, cela fait tout de même irrésistiblement penser à la phrase de Clémenceau sur sa technique d’enfouissement des problèmes par la création de commissions ou de ministres….