
| SANS FRONTIERES | Insolite: Quand le monde surfe sur la tête |
| 21-01-2009 | |
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L’actualité nous propose régulièrement des occasions tentantes (et un peu faciles?) d’opérer des rapprochements audacieux entre des faits en apparence éloignés. Sur le front du piratage et, plus généralement, de la manipulation, elle n’a en l’occurrence pas été avare ces derniers jours. Honneur au canular le plus ancien, la mairie de Grenoble a du démentir au début du mois, l’information selon laquelle elle avait décidé de renoncer à se porter candidate pour l’organisation des jeux olympiques de 2018. C’est la direction de la "com" qui a envoyé le communiqué de presse reproduisant le démenti du maire, Michel Destot. Problème, c’est cette même direction de la communication qui avait « envoyé » le mail initial. Plus exactement, un hacker qui s’était fait passer pour elle en piratant le site de la mairie. On en connaît à la DSI qui ont du se livrer à quelques explications de texte avec leurs édiles. Et peut-être rappeler pourquoi c’était si important de ne pas lésiner sur les budgets sécurité ? Il faudra bien qu’ils (les DSI et les décideurs politiques) prennent l’habitude d’évoquer le sujet de toutes les façons. Car il y a fort à parier que ce genre de canular, plus ou moins innocent, va se multiplier au fur et à mesure que le media internet va prendre de l’importance dans le jeu politique et celui de l’information. Ainsi, hier, jour de l’investiture du président Barack Obama aux USA, des escrocs ont utilisé la formidable réceptivité que les médias ont créé autour de cet évènement auprès des internautes, pour lancer une information erronée selon laquelle, finalement, le président élu renonçait à son mandat. Une quarantaine de sites ont publié une brève, qui donnait des liens renvoyant vers des sites à priori tous propriétés d’une entreprise chinoise, lesquels avaient pour rôle technique d’implanter, sur l’ordinateur de l’internaute naif, un micro code qui le transformait en PC zombi, utile pour de futures escroqueries à grande échelle. Dans le même temps ou presque, une étude financée par Credant Technologies, un éditeur de solutions de cryptage de données, sortait fort à propos. Elle signale qu’en Angleterre, pays ou décidément les internautes et les informaticiens font n’importe quoi avec les données, les laveries automatiques (si si!) récuperaient près de 9000 clés USB par an, dans les corbeilles de linge sale laissées par leurs clients. Et de militer pour qu’au moins, si les utilisateurs ne sont pas capables de se concentrer pour garder sur eux ces fameuses clés – ou les disques, etc -, ils pensent à crypter les contenus sensibles avant de les perdre ! Message transmis aux différents ministères du pays qui ont du s’excuser ces derniers mois pour des pertes d’informations ici fiscales, là de santé, là encore concernant des justiciables. Ces liminaires posés, on accueillera avec d’autant plus de scepticisme l’annonce faite par l’Estonie qui s’apprête, après avoir été une des tous premiers pays au monde à permettre en 2005 le vote par internet pour des élections municipales, puis nationales en 2007, à autoriser cette fois le vote par téléphone mobile. On sait que les dirigeants de cette république balte, ont pris la bonne habitude de faire parler de ce petit pays en innovant. Ce que nombre d’observateurs attribuent d’ailleurs à la jeunesse de ces élus (une façon de souligner aussi qu’il ne faut rien attendre de tel par chez nous ?). L’expérience est prévue pour 2011 et demandera, côté électeur, l’installation d’une puce dédiée sur son téléphone mobile, authentifiée par une autorité de certification. Une protection qui pourra paraître dérisoire depuis la France, mais dont il n’est pas utile de rappeler ici qu’elle est analogue à celle utilisée pour protéger des systèmes de cartes sans contact, comme Navigo à la RATP. Il sera intéressant en tous cas de voir si les citoyens de ce pays font une confiance aveugle à cette technologie et si son côté pratique les séduit vraiment. Car les premiers scrutins organisés à Tallin sur internet ont connu des taux de participation d’à peine quelques pourcents. DJ
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