
| SANS FRONTIERES | Microsoft relance finalement la polémique avec l’Europe |
| 14-05-2008 | |
![]() C'est vraiment trop injuste? C’est un peu la surprise de ce pont du mois de mai. Entre le jeudi de l’Ascension et le Lundi de Pentecôte, vendredi donc, un porte-parole de Microsoft a confirmé à l’AFP avoir déposé à la Cour européenne de justice à Luxembourg, « un recours en annulation de la décision prise le 27 février par la Commission européenne ». Pour mémoire, celle-ci mettait alors un terme à plusieurs années de controverse autour de l’ouverture des produits de Microsoft, de leur implémentation des normes ISO et de leur interopérabilité avec d’autres produits. L’éditeur avait annoncé quelques jours auparavant des mesures techniques en ce sens et la Commission avait considéré que le compteur des pénalités quotidiennes, dues par Microsoft depuis septembre 2007 pour non respect de ses injonctions antitrust, pouvait cesser de tourner. Réaction d'orgueil? Depuis vendredi, c’est un peu la consternation. Entre autres, il faut bien l'avouer, parce que les journalistes savent bien qu’ils auront du mal à recueillir un propos officiel chez l’éditeur à propos de cette nouvelle controverse. La consigne sera respectée : pas de commentaires d’une affaire juridique en cours, même si nous l’avons ré-ouverte nous-mêmes. C’est d’autant plus dommage que, dans les jours qui avaient suivi la publication du jugement en février, plusieurs responsables français de Microsoft s’étaient félicités de la fin de la controverse. Le motif du recours est la demande « d’éclaircissements ». La Commission a pourtant abondamment commenté ses jugements d’une part. D’autre part, depuis 2004 et le début de ces aventures, les échanges n’ont pas manqué entre les deux parties. On a également peine à croire que les 899 millions d’euros d’amende réclamés constitue une bonne raison. Certes, les bénéfices de Microsoft stagnent un peu mais ils restent confortables, à 4,4 milliards de dollars ce trimestre. Et il n’est pas du tout certain que le bruit autour de ce nouvel épisode lui fasse gagner en image. Et l’image, c’est de l’argent, n’importe quel Jacques Ségala vous le confirmera. L’hypothèse finalement la plus vraisemblable, serait que Microsoft se soit d’une part vexé : c’est la première fois en cinquante ans qu’un acteur industriel était condamné par les lois antitrust de l’Europe. Et d’autre part senti pousser des ailes depuis que l’ISO a validé son format d’échanges de documents OOXML, concurrent de l’ODF prôné par le monde de l’Open Source. La tentation de pousser son avantage l’a peut-être conduit à cette bizarreté juridique. On verra bien, dans les mois qui viennent, si cette réaction était plus épidermique que réfléchie. DJ |
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