
| Nicolas Sarkozy au CeBIT : ich spreche nicht TIC |
| 04-03-2008 | |
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Ce devait être une première, ce fut un flop. Pour une fois qu’un chef d’Etat français se déplaçait pour l’inauguration d’un grand salon informatique (le CeBIT, du 4 au 9 mars à Hanovre, dont la France est l’invitée d’honneur), montrant ainsi l’intérêt de son action pour ce secteur d’activité (porteur d’un quart de la croissance économique mondiale), on s’attendait à un discours riche en annonces ou, au minimum, au fond solide. Le Syntec Informatique, dont le président, Jean Mounet, a fait le déplacement avec Nicolas Sarkozy, l’avait d’ailleurs réclamé par l’intermédiaire d’un des ses administrateurs. La chambre patronale des sociétés de services informatiques et des éditeurs de logiciels souhaitait entendre « des messages politiques sur le numérique » et attendait « la nomination d’un haut commissaire au numérique ». Proposition qu’avait d’ailleurs repris à son compte François Fillon, Premier ministre de Nicolas Sarkozy, lors d’une visite il y a quelques jours sur un pôle de compétitivité consacré au numérique. La fédération patronale en sera pour ses frais. Nicolas Sarkozy n’a évoqué ni l’un, ni l’autre. Et alors que l’on approche à grands pas d’un remaniement gouvernemental, il n’a était question ni de la nomination d’un haut commissaire, ni de la création d’une mission interministérielle du numérique, pourtant appelé plusieurs fois de ses vœux par le président du Syntec. Le Président a bien annoncé une (future ?) coopération franco-allemande dans le domaine des supercalculateurs (les voilà, les flops 15,5 millions d’abonnements au haut débit A quelques jours des élections municipales, cette annonce ressemble plus à une promesse électorale qu’à une véritable volonté politique. C’est de plus l’une des propositions formulées par la commission de Jacques Attali pour relancer la croissance. Rien de neuf donc. D’autant que cette accessibilité à Internet haut débit dépend plus de la volonté des opérateurs que de celle d’un gouvernement. D’ailleurs, le nombre d’abonnements au haut débit a fortement progressé en 2007, sans action politique spécifique. Le dernier tableau de bord de l’Arcep, autorité de régulation des télécoms, publié il y a quelques jours, fait ainsi état de 15,55 millions d’abonnements au haut débit au 31 décembre 2007, soit une progression de 22 % sur un an. Le nombre d’abonnements a ainsi progressé de 2,85 millions en douze mois. Et plus de 95 % de ses abonnements au haut débit passent par l’ADSL. A cette même date, le dégroupage concernait 5 millions d’accès en France, les opérateurs alternatifs couvrant 68 % de la population. Et tout ça, sans que notre Président de la République élu en mai 2007 n’en ait fait un thème de campagne. Reste à savoir de quoi nous parlons exactement. Les technologies d’accès au haut débit sont nombreuses : fibre optique, câble, satellite, DSL, boucle locale radio, courant porteur, Wi-Fi… Mais Nicolas Sarkozy ne précise ni ses options, ni les débits visés. Et puis, pourquoi ne pas envisager directement le très haut débit (THD) qui permet des débits de 25 à 200 Mbit/s sur le fixe et de 14 Mbit/s sur mobile. Après tout, Christine Lagarde, ministre de l’Economie, a annoncé à la mi-février que quatre articles seraient inscrits dans le projet de loi de modernisation de l'économie qui sera présenté au printemps : l'accès des opérateurs aux immeubles existants (avec une procédure de raccordement inspiré du droit à l'antenne TV), la mutualisation des câblages installés dans les immeubles, l'encadrement des conventions propriétaires/opérateurs et le précâblage des immeubles de logement neufs en fibre optique[]. Technologie qui, selon elle, devrait permettre le déploiement ou le développement d’activités économiques dans les zones rurales et aider ainsi à l’aménagement du territoire. A quelques jours des élections municipales, c’eût été pour Nicolas Sarkozy une occasion un peu plus high tech de s’attirer l’attention des futurs élus et donc de leurs électeurs. Jean Nogaro
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