C’est quoi votre petit nom… de domaine

L’Icann (responsable des noms de domaine sur internet) a créé la surprise et la polémique en annonçant la possibilité prochaine de créer de nouvelles extensions numériques. Du coup, certains se prennent à rêver à des extensions portant, pourquoi pas, le nom d’un  territoire ou d’un politique. En attendant, à Pau par exemple, cela fait longtemps que les habitants de la ville et même ceux qui ont quitté la région peuvent avoir des adresses mail au nom de la cité du bon roi Henri IV.

Il y a eu un petit début de polémique lorsque, la semaine dernière, Paul Twomey, le président de l’Icann (Internet Corporation for assigned number, en fait le régulateur technique d’internet) a assuré dans une interview aux Echos que d’ici le début 2009, les internautes pourraient se montrer créatifs en matière d’extensions génériques pour leurs noms de domaine. Il n’y aura plus uniquement les .com , .eu, .org, .fr mais aussi des noms comme .amour, .haine ou .ville ou encore des noms propres, aurait-il déclaré avant de démentir par la suite avoir cité le mot haine et surtout, d’assurer qu’il ne le laisserait pas passer.

Mais la vraie information est bien sûr dans cette possibilité de fédérer des sites autour de certains mots clés et l’on pense, en premier lieu, aux collectivités territoriales qui seraient heureuses, sans doute, de regrouper tous les sites d’une région derrière son nom. En termes de développement économique, cela aura du sens. Et l’on peut imaginer des syntaxes simples, du style .tourisme.bourgogne ou .transports.auvergne pour aider les internautes du territoire, mais aussi ceux qui comptent s’y rendre, à accéder plus rapidement aux sites adéquats.

Une coquetterie pas donnée

Il y a tout de même quelques mais : le prix d’abord, puisque des estimations font état d’un prix de l’ordre de 100 000 dollars (plus que 60 000 euros, mais tout de même !). La difficulté technique ensuite puisque l’Icann veut valider la capacité du requérant à gérer son nom de domaine. On peut bien sûr imaginer de s’appuyer sur des prestataires spécialisés, mais cela aura un coût. Enfin, concernant spécifiquement les noms géographiques, il faudra l’accord de l’Etat, ce qui peut paraître bizarre dans la mesure où la propriété de la « marque » constituée par un nom de ville  est clairement du côté de la dite ville ?

Du coup, on se rappellera avec intérêt qu’il existe peut être une façon plus simple de mettre son territoire en vitrine, qu’avait expliqué en octobre dernier à Citizen-E (le magazine), Stéphane Laillet, chargé de communication et responsable du site de la ville de Pau. « En proposant aux habitants de la ville, puis, par extension, à tous ceux qui le désiraient, des adresses de messageries personnelles avec la structure nom@pau.fr, nous avons eu la surprise d’enregistrer des demandes de nombreux expatriés ». La diaspora basque est en effet des plus importantes. Et on peut imaginer que les bretons, qui avec les récentes décisions de l’Icann, vont enfin pouvoir concrétiser leur projet  autour du .bzh, devraient également susciter l’engouement.